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Faut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?

Publié par Christian FEVRIER le 24-02-2016 15:10 (1312 lectures)

Pere et filleFaut-il laisser les vieux pères manger seuls aux comptoirs des bars ?

L’histoire

Père et fille, face à face.
Ils ne se sont pas vus depuis dix ans. Ils se mettent à boire, et le père apprend à la fille qu’il est atteint d'une maladie incurable. Il lui demande de l’aider... Mais elle n’est désormais plus une enfant. Armée de toute sa souffrance et de toute sa haine ressassées, elle se dresse face à ce père qui joue aujourd’hui de sa faiblesse comme jadis de sa cruauté. Ric, l’ami, les rejoint, mais, dominés par une malédiction familiale aussi écrasante que celle d'une tragédie grecque, ils vont se débattre toute la nuit. Au petit matin, ayant tenté de régler ses comptes passés, chacun va prendre une décision déterminante pour le cours de sa vie.

Rencontre avec le public
La Compagnie de la Yole propose cette lecture-spectacle dans une forme volontairement itinérante et légère. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique d’un désir de rencontre avec le public « là où il se trouve ».
En cohérence avec cette démarche, une discussion ouverte sur les thématiques du spectacle est proposée par l’équipe artistique à l’issue de la lecture.
De même, nous pouvons concevoir avec et pour nos partenaires différentes actions de sensibilisations en amont ou en aval du spectacle. Ces projets s’inscrivent dans le programme d’actions de propagations artistiques de la Compagnie de la Yole.

Quelques notes de Carole Thibaut Sur l’écriture
« (...) En littérature, la figure des filles est généralement porteuse de pardon et peut par là, souvent au prix de son propre sacrifice, apaiser les malédictions familiales. Si la rivalité l’oppose parfois à la figure de la mère, elle est toujours pour le père le bras consolateur, le soutien moral ou physique. Par ailleurs, il me semble qu’il manque aux personnages de femmes dans l’histoire de la littérature théâtrale la possibilité d’exister autrement que dans des fonctions stéréotypées, liées à leurs états féminins. (...) »
Le lien familial
Ici, c’est le lien qui m’intéresse, un lien qui contient en puissance tous les potentiels et perversions affectifs, entremêlement inextricable de sentiments contradictoires : amour et haine, attirance et répulsion, fascination et mépris.
Le double
Le père et la fille se retrouvent face à face, comme les deux visages d’un être hybride, chacun ayant devant soi le reflet déformé et monstrueux de lui-même. Mais l’enfant n’est plus un enfant, il est adulte, armé de toute sa haine ressassée et de sa souffrance, tandis que le père, vieux désormais, est impuissant et faible. Les rôles sont inversés, du moins en apparence.
La tragédie intime (sans dieux)
La pièce est bâtie autour de grands thèmes de la tragédie grecque : la malédiction familiale, l’histoire de la lignée condamnée, la fatalité du destin à laquelle les protagonistes cherchent à échapper en vain. Mais ici la mécanique de la tragédie s’enraie : ici, pas de transcendance, l’être se retrouve seul face à lui-même. Ce qui le meut et ce qui le détruit inexorablement ne se trouve qu’en lui-même : échapper à son destin revient à arracher de soi ce qui par ailleurs nous constitue. Cela revient ici à renoncer à l’échappatoire trop facile de Dieu et de la fatalité pour chercher en soi, dans son histoire intime, les racines du mal.
La cérémonie
La pièce parle de transmission et de mort, de ce qu’il convient de laisser derrière soi et de ce qu’il convient de réparer ou effacer. Ce que le père et la fille accomplissent, le père de façon plus consciente que la fille, c’est une sorte de rite, un passage obligé, une cérémonie par lesquels le père vient libérer la fille de lui-même, avant de disparaître. Ainsi cette nuit est-elle une sorte de rite ou de cérémonie de deuil anticipés.
La forme de l’écriture
Il est question ici de remplir les vides et les trous de la mémoire, quoiqu’il en coûte pour chacun, de tenter de dire... et évidemment de dire à côté, à tâtons, maladroitement. Ici tout se dit, mais mal : les personnages sont là pour ça et ils le savent : du premier au dernier mot, ils ne s’épargnent rien, il n’y a pas de refuge permis, pas de respiration possible. C’est un dialogue impudique, obscène, froid aussi car chacun connaît et accepte tacitement la règle du jeu, et chacun ira jusqu’au bout.
La pièce se décompose en sept tableaux, qui sont autant d’incursions dans le cours chronologique de cette nuit, de moments volés à l’intimité, comme piqués au hasard, pour raconter l’évolution des rapports. On renoue ici avec le genre « huis clos » filmé en sept plans séquences rapprochés : unité de lieu (la cuisine de la fille), de temps (une nuit) et d’action.

Avec :
Roland Abbatecola : l’ami
Gérard Bayle / Philippe Quercy : le père
Pascale Oyer : la fille
Et la participation de Coraline Mages
Mise en voix et en espace :
Didier Perrier
Conception scénographie / costumes :
Pascale Oyer


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